Podcast - episode 6
SAP sans frontières : réussir un déploiement multi-pays dans un environnement multiculturel
[transcription via Copilot]
Bonjour et bienvenue dans ce nouvel épisode de notre podcast Impact carrière by delaware.
SAP sans frontières : réussir un déploiement multi-pays dans un environnement multiculturel
Travailler sur des projets d’envergure international, c’est l’un des grands avantages des métiers du conseil SAP.
Comment fait-on pour qu'une équipe en France, en Allemagne et en Asie avance dans la même direction, sur le même projet, avec la même ambition ?
Qu'est-ce qui change vraiment quand un roll-out S/4HANA traverse les frontières.
Dans cet épisode, Lucia, cheffe de projet SAP avec une forte expérience dans des contextes internationaux, partage les coulisses du travail global dans un environnement SAP.
Bienvenue Lucia, et merci d’être avec nous.
Pour commencer, qu’est-ce qui t’a amenée à travailler sur des projets SAP à l’international ?
Lucia :
Alors déjà, quand on s’installe dans un pays qui n’est pas son pays natal, on est “étranger” du coup, on a tendance à en faire un atout, une force d’un point de vue professionnel.
J’ai commencé ma carrière directement dans des contextes internationaux. Sur des projets digitaux, où on avait une marque mère basée en France, présente dans plusieurs pays. On travaillait vraiment au sein d’un pôle international.
L’objectif, c’était de réussir à déployer l’ADN de la marque, son business model, ses convictions, tout en respectant les spécificités de chaque pays.
C’est comme ça que j’ai commencé à travailler à l’international.
Et puis, une fois qu’on met un pied dedans, on est naturellement attiré par des expériences qui vont dans ce sens. Et, bien sûr, à partir du moment où on valorise ça dans son CV, les opportunités viennent aussi à nous.
Aujourd’hui, les contextes internationaux, ce sont des environnements dans lesquels je me sens à l’aise. C’est ma zone de confort professionnelle, parce que c’est là que j’ai construit toute ma carrière, et c’est là où je me sens bien et où je m’éclate.
Quelle différence entre piloter un déploiement local et un déploiement réparti sur plusieurs pays ?
Lucia :
Alors, un projet SAP, c’est essentiellement mettre en place des process.
Le fonctionnement de l’entreprise est complètement segmenté par process. Ça veut dire que tous les process doivent être avant tout décrit. Et ça, ce n’est pas si évident. Ce sont des choses qu’on fait au quotidien, de manière assez naturelle… mais à un moment donné, il faut les formaliser, les expliquer, les synthétiser, mais aussi les repenser.
Et il va falloir les optimiser aussi, évidemment.
Quand on pilote en local, les différentes entités partagent une base de connaissance commune : la même façon de travailler, la même législation, les mêmes normes RH, des process partagés, etc.
Quand on travaille avec plusieurs entités, dans des pays différents, cette base commune n’existe pas forcément. Il faut donc créer un langage commun, et les métiers doivent s’aligner.
Et c’est là que le rôle de l’intégrateur est clé : accompagner les équipes pour trouver un mode de fonctionnement qui convienne à tout le monde, sans en écraser aucun.
C’est ça la vraie difficulté : trouver les bons process, ceux qui fonctionnent pour tous, sans perdre en qualité. Parce qu’un projet SAP est là pour améliorer le fonctionnement de l’entreprise, et non pas pour le dégrader.
Tout cela, en allant vers du standard, l’idéal chez SAP. L’objectif, c’est de réussir à mettre ensemble toutes ces différences sous un standard, tout en optimisant les process. C’est ça l’enjeu principal à l’international.
L’autre grande différence entre un projet local et un projet international, c’est la langue du projet.
On a tous nos habitudes d’expression au quotidien, nos façons de nommer les choses, d’identifier les choses, on a les petites nuances du quotidien… Mais quand on travaille sur un projet international, tout le monde va parler anglais. Parler une langue qui n’est pas sa langue maternelle, ça implique de simplifier. Ce qui est souvent difficile, surtout quand les sujets sont complexes.
Dans un projet SAP, ça aide. C’est un exercice qui nous aide aussi à restituer les process. Mais ce n’est pas évident : on peut avoir l’impression de perdre une partie de soi, de sa propre connaissance, etc.
Il peut aussi y avoir des écarts, entre les personnes qui parlent anglais de manière native. Par exemple, quand des équipes du Royaume-Uni sont impliquées, elles ont naturellement plus d’aisance, c’est plus facile pour eux. Et ça peut générer de la frustration pour les autres pays, qui se retrouvent un peu plus en difficulté.
Cela dit, aujourd’hui, l’anglais n’est pas une barrière. Globalement, tout le monde parle anglais, et on a aussi des outils très performants, je pense notamment à l’IA, qui permet d’avoir des transcriptions, des sous-titres en temps réel, des synthèses… ce qui accélère beaucoup la communication.
Mais travailler dans une langue qui n’est pas la sienne peut quand même ralentir certaines choses, notamment la prise de décision.
Du coup, côté gestion de projet, la solution c’est d’être encore plus vigilant dans la structuration de la gestion du projet.
C’est quelque chose qu’on fait déjà dans tous les projets, mais en particulier dans ces projets-là. La gouvernance doit être très bien structurée pour s’assurer que les enjeux sont bien compris et partagés par tout le monde, et que les deadlines soient explicites, comprises et appropriées par l’ensemble des équipes.
Quelles sont, selon toi, les compétences clés pour réussir dans un contexte SAP à l’international ?
Lucia :
L’anglais bien sûr, mais pas seulement.
Au-delà de la langue, il y a aussi une langue non verbale, une langue interculturelle. C’est la capacité à créer un langage commun, un engagement commun.
Pour ça, il faut vraiment faire preuve d’écoute, de capacité de synthèse et de restitution, savoir reformuler.
En gestion de projet SAP, on doit être capable de prendre ce que chacun apporte et de le restituer de manière claire et synthétique.
C’est essentiel, parce que c’est quand tout le monde se sent écouté et qu’on arrive à aligner les points de vue qu’on crée un vrai engagement. Et c’est là que le projet avance réellement.
Ensuite, il faut être curieux, patient, à l’écoute. Il faut rester pertinent tout au long du projet, même dans des environnements qu’on ne connaît pas.
Souvent, je dis que le projet est un être vivant. Au départ, on a une idée… et puis, petit à petit, le projet grandit. Il prend forme, il a ses habitudes, son rythme, presque “sa personnalité”.
On travaille avec du vivant : des personnes, des interactions, quelque chose qui n’existait pas au départ et qui, à la fin, devient concret avec des process en place, une organisation qui fonctionne.
Et notre rôle, c’est de savoir grandir avec ce projet, de s’adapter en permanence, de le suivre dans son évolution.
Donc oui, il faut être rigoureux mais aussi flexible.
Parce que qui dit “vivant”, dit aussi imprévus. Et dans un projet, il y en a toujours.
Il faut savoir s’adapter, ne pas lâcher, continuer à avancer… et évoluer en même temps que le projet.
As-tu un exemple concret de situation interculturelle marquante sur un projet SAP ?
Lucia :
Oui, j’ai un exemple assez drôle.
C’est la vision des vacances scolaires et des ponts de mai, vu par l’étranger.
En France, toutes les six semaines on a des vacances régulières, en mai, on n’est pas tellement là... Et forcément, sur un projet international, ça surprend.
Nos collègues dans d’autres pays se disent : “Mais les Français, ils travaillent quand, en fait ?”
Comment gère-t-on le pilotage de projet à distance dans un contexte international ?
Lucia :
Aujourd’hui, on travaille beaucoup en remote évidemment.
Mais une des bonnes pratiques, c’est de créer du lien humain dès le départ. Par exemple, organiser le kick-off en présentiel, c’est vraiment une très bonne initiative.
Un projet SAP, ce n’est pas juste un projet IT. C’est un projet qui transforme en profondeur le fonctionnement de l’entreprise. Et pour certaines personnes qui travaillent parfois depuis 10, 20 ans de la même manière, c’est un vrai changement.
Donc oui, c’est un projet IT… mais c’est avant tout une aventure humaine.
Selon la taille du projet, ça peut durer des mois, parfois des années. On va travailler avec les mêmes personnes sur la durée, donc c’est essentiel de se rencontrer au début : mettre un visage sur un nom, échanger, percevoir les bonnes intentions, qui des fois derrière un mail on ne peut pas forcément ressentir et voir.
Ensuite, il y a les rituels.
Les rituels sont très importants parce qu’ils donnent du rythme au projet. Ce sont des moments réguliers pour partager, avancer, suivre l’opérationnel.
Mais il faut rester vigilant : avec le temps, un rituel peut devenir répétitif et perdre du sens. Les équipes peuvent décrocher, semaine après semaine.
Il faut que les rituels aient toujours du sens, qu’on sache pourquoi on les fait, et donc il faut savoir les faire évoluer. On ne peut pas garder les mêmes formats, les mêmes slides, les mêmes reportings pendant des années si ça n’est plus d’actualité ou si ça n’intéresse plus les personnes.
Il faut trouver le bon format, avec le bon niveau d’information.
Il faut une documentation accessible à tous, claire, que chacun puisse consulter facilement. Mais surtout, il faut que l’information arrive au bon moment et dans la juste quantité.
Aujourd’hui, avec les outils collaboratifs, on est sollicités en permanence : messages instantanés, emails, appels, outils de gestion de projet…
On peut être exposés aussi à des sollicitations qui ne nous sont pas destinées, être submergé, ou recevoir des informations qui ne sont pas utiles immédiatement.
C’est pour ça qu’en début de projet, on met en place un playbook.
L’idée, c’est de définir les règles du jeu :
- quels canaux utiliser selon les types de communication,
- quelle est ma gouvernance des meetings, des personnes
- qui doit être informé de quoi,
- à quel moment et de quelle manière je dois informer les personnes.
Le but, c’est que les règles du jeu soient claires pour tout le monde.
Et ça, c’est essentiel.
La sur-communication c’est vraiment quelque chose qu’il faut éviter. En revanche, communiquer correctement, au bon niveau, c’est fondamental pour la réussite d’un projet.
Quels sont les avantages d’une expérience SAP à l’international pour la suite de ta carrière ?
Lucia :
C’est un véritable accélérateur.
Travailler à l’international permet de s’exposer à un niveau de complexité qu’on ne rencontre pas forcément dans un contexte uniquement national. Et ça fait progresser, notamment en gestion de projet et en management.
Parce qu’on doit jouer un rôle de chef d’orchestre entre plusieurs entités, plusieurs pays… donc oui, c’est clairement un accélérateur.
C’est aussi très intéressant. On découvre des business model très différents, et pourtant similaires.
Et ça ouvre naturellement des opportunités pour la suite.
Et humainement, qu'est-ce que cela change de travailler au quotidien avec des équipes de plusieurs cultures ?
Lucia :
C’est vraiment enrichissant.
Je trouve que c’est super intéressant au quotidien, mais aussi agréable.
Je trouve que c’est dans la rencontre avec l’autre qu’on apprend le plus, qu’on nourrit notre esprit. Et pouvoir vivre ça dans son travail, tous les jours, c’est une vraie richesse.
Il y a aussi quelque chose que j’aime beaucoup : se confronter à l’autre, ça amène souvent une forme d’auto-dérision.
On se retrouve dans des situations où on caricature nos accents, nos habitudes… et on en rit ensemble.
Et mine de rien, ça apporte une vraie légèreté, très saine, dans des projets où il peut y avoir beaucoup de pression.
Ça crée des moments de complicité avec le client, entre collègues. On prend du recul, on se voit un peu à travers le regard de l’autre.
Et au final, ça crée des liens très forts.
Parce que ce sont de vraies rencontres humaines, et ça, ça n’a pas de prix.
Pour finir, est-ce que tu aurais un conseil à donner à celles et ceux qui se lancent sur une mission SAP à l’international ?
Lucia :
Oui : foncez.
C’est une expérience vraiment extraordinaire, professionnellement et humainement.
Mais préparez-vous. On n’y va pas en amateur.
Il est essentiel de bien connaître le client, de comprendre l’industrie dans laquelle on intervient, mais aussi de maîtriser les réglementations et les normes propres à chaque pays.
Il faut être pertinent. Donc on y va fort de nos connaissances, avec une vraie préparation, et surtout avec une méthode de gestion de projet solide, qui nous accompagne partout dans le monde, dans tout contexte.
Et ensuite, il faut y aller avec notre engagement.
Eh bien, merci beaucoup Lucia d’avoir partagé ton expérience avec nous.
Lucia :
Avec plaisir.
Ce qu'on retient ? Qu'un déploiement SAP multi-pays, ce n'est pas seulement une affaire de systèmes et de planning : c'est avant tout une rencontre entre des cultures, des talents et des façons de voir le monde, une vraie école de l'adaptation et de l'humilité.
Si cet épisode vous a donné envie de vivre, vous aussi, des projets d'envergure internationale entouré d'équipes passionnées, sachez que c'est exactement le quotidien que nous construisons chez delaware.
Nous accompagnons nos clients dans leurs transformations SAP partout dans le monde, et nous recherchons des profils curieux, ouverts et ambitieux pour relever ces défis avec nous.
Merci de nous avoir écoutés et à très bientôt pour un nouvel épisode !