Le moment présent
La conversation actuelle sur l’IA en entreprise est dominée par les cas d’usage : où l’IA peut-elle faire gagner du temps ? Réduire les tâches manuelles ? Résumer, automatiser, conseiller ou assister ?
Ces questions sont légitimes, mais insuffisantes.
Une approche centrée uniquement sur les cas d’usage peut accélérer l’activité sans améliorer l’efficacité globale de l’organisation. Elle peut réduire l’effort local tout en laissant intact le coût systémique, et améliorer l’apparence de productivité sans améliorer le cash, la marge, la disponibilité, la fiabilité du service, le coût de service ou la promesse client.
C’est pourquoi de nombreuses organisations peinent à transformer l’IA en ROI mesurable. Le problème n’est pas un manque de puissance technologique, mais un manque de discrimination économique dans son application.
Trop souvent, les organisations commencent au niveau le plus bas du système : une tâche, un processus, un flux de travail, une file d’attente, un rapport ou une activité répétitive. Puis elles demandent si l’IA peut accélérer ce travail. Mais si l’objectif est économique, ce n’est pas le bon point de départ.
Le P&L est au-dessus des leviers de valeur. Les leviers de valeur sont au-dessus des KPI. Les KPI sont au-dessus du flux de valeur. Le flux de valeur est au-dessus des relations de cause à effet des processus.
Si l’objectif est d’identifier les contraintes qui dégradent la performance, il est évident qu’il ne faut pas commencer par des activités isolées. Pourtant, c’est souvent là que commencent les projets IA.
Le moment exige donc une autre question :
Non pas : où peut-on appliquer plus d’IA ?
Mais : qu’est-ce que le mouvement qualité nous a déjà appris sur ce qui doit être amélioré, où la variation nuit, où la valeur est perdue et comment les systèmes apprennent ?