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10/07/2018

3 idées reçues sur le Lot-Size One

Avec l’avènement de l’e-commerce, les industriels sentent une pression grandissante de la part de leurs clients : en effet, ces derniers attendent désormais des fabricants qu’ils livrent des produits hautement personnalisés, et ce dans les plus brefs délais. Et ce n’est pas seulement le cas dans le secteur B2C : les fournisseurs B2B sont concernés, eux aussi. En général, les départements Ventes & Marketing adorent les offres de services individualisés, mais pour la chaîne logistique ces offres se transforment parfois en véritable cauchemar. Il n’est cependant pas nécessaire de transformer radicalement les opérations de la chaîne logistique pour ajouter à votre gamme de produits des articles individualisés – les fameux produits « Lot-Size One ». Pour le démontrer, je souhaiterais à présent déconstruire certaines idées reçues qui sont considérées à tort comme véridiques par une grande partie du marché.

1ère idée reçue : le Lot-Size One ne s’applique qu’à certains types de produits ou de secteurs

Aujourd’hui, beaucoup perçoivent l’approche Lot-Size One comme étant limitée à certains types de produits, notamment les produits high-tech ou les articles de mode. On trouve pourtant des applications de ce type dans de nombreux secteurs, tels que les produits chimiques et les produits de grande consommation (PGC). Même si les produits de grande consommation que l’on trouve en supermarché ne sont pas individualisés, on constate en tout cas une personnalisation de plus en plus grande à l’étape précédente de la chaîne logistique (c’est-à-dire dans la partie B2B). Là où auparavant les fabricants livraient leurs palettes de produits à l’entrepôt du revendeur, aujourd’hui ils livrent de plus en plus souvent directement aux points de vente. Dans ce cas, le packaging doit être adapté spécifiquement aux consommateurs finaux.

2e idée reçue : le Lot-Size One doit forcément passer par l’Industrie 4.0

Plus on se trouve en amont de la chaîne logistique, plus il devient important d’utiliser des processus innovants pour réduire les délais de mise sur le marché. Dans certains secteurs, accroître l’automatisation grâce à la robotique et à l’IT facilite certainement les choses, mais ce n’est pas pour autant une obligation. En repoussant le point de découplage aussi loin que possible dans la chaîne logistique et en améliorant l’agilité à partir du moment où la personnalisation est nécessaire, les organisations sont en mesure de proposer des produits hautement individualisés sans pour autant faire de grands investissements dans les technologies de pointe.

Un exemple : j’ai travaillé avec un fabricant qui produisait des capteurs optiques pour une grande variété de clients, notamment pour des dispositifs aérospatiaux et des caméras. La production du capteur optique en lui-même est un processus assez standardisé, mais le revêtement qui entoure ce capteur varie énormément. Afin d’éviter des changements constants au sein de sa propre unité de production, le fabricant délègue le travail de personnalisation à des sous-traitants : en définitive, la valeur ajoutée du fabricant se trouve dans la production du capteur, pas dans celle du revêtement qui l’entoure.

 

Au-delà de la sous-traitance, il peut également être très utile d’implémenter des outils technologiques éprouvés, tels que les outils S&OP (Supply & Operations Planning), qui disposent de capacités intégrées d’optimisation prévisionnelle ou d’inventaire multi-échelons.

3e idée reçue : le Lot-Size One nécessite une transformation complète des processus existants

Adopter une approche Lot-Size One ne signifie pas que vous devez fabriquer chaque produit à la commande. Dans une large mesure, cela signifie surtout modifier la perception que le client a de vous. Pensez à Dell, par exemple : l’entreprise utilise des processus hautement standardisés pour produire ses ordinateurs, mais les clients perçoivent les services de Dell comme étant extrêmement individualisés… alors que leur travail de personnalisation se résume principalement à l’assemblage de quelques éléments de base au bout de la chaîne logistique pour chaque client particulier.

 

Ce qui pose problème à de nombreuses entreprises aujourd’hui, c’est que les clients attendent désormais une livraison rapide (voire même dans la journée), y compris souvent pour des produits hautement individualisés. Cela intensifie la pression sur la chaîne logistique. Cependant, les nouvelles technologies nous offrent une solution : les fabricants de chaussures, par exemple, peuvent décider de produire leurs semelles grâce à une imprimante 3D. C’est rapide, c’est personnalisé, et cela ne demande qu’un investissement limité au bout de la chaîne logistique.

Gardez l’esprit ouvert

Aujourd’hui, de nombreuses organisations continuent à se raccrocher aux produits standardisés, tout simplement parce qu’elles veulent pouvoir livrer rapidement et qu’elles craignent les grands investissements et les risques de répercussions majeures sur leur chaîne logistique. Je conseille à toutes ces entreprises de garder l’esprit ouvert : testez le Lot-Size One, et ne rejetez pas trop rapidement de nouvelles idées de produits parce que vous pensez qu’il est impossible de les fabriquer dans la configuration actuelle de votre chaîne logistique.

Auteur : Nicolas Maes. Vous pouvez suivre Nicolas sur Twitter ou entrer en contact avec lui via LinkedIn